Ca'Paxatagore

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mercredi 12 mars 2008, 21 h 10

Neuilly, cet univers impitoyable


Lundi matin, j'ai entendu un reportage à mourir de rire sur la soirée électorale à Neuilly, où deux listes de droite s'affrontent avec férocité. Bref, à la proclamation des résultats, ça a chauffé. On entendait un partisan crier "démocrate en peau de lapin !" (oh la la l'insulte grave, comment il t'a traité !). Et une autre évoquer des violences volontaires : une femme lui avait jeté un verre de champagne à la figure. La victime envisageait de déposer plainte.

Neuilly, c'est la zone, c'est trop violent. On se fait agresser même avec des coupes de c(h)ampagne, zyva.

dimanche 9 mars 2008, 08 h 53

Comment attirer l'électeur


La pluie qui tombe à verse ce matin ne m'incite guère à aller faire mon devoir civique et à voter pour mon candidat favori (qui est, en fait, une candidate). En attendant un temps plus clément, je tombe sur un article du Monde : un centre d'appel pour aider à trouver la (bonne) voix à Bordeaux.

L'idée est la suivante : un call center, payé par Alain Juppé et ses généreux amis, appelle les électeurs potentiels. Les appels sont ciblés évidemment sur les listes électorales, quartier par quartier, en fonction des réunions de campagne prévues. L'appel est l'occasion de sonder un peu les électeurs, de voir le cas échéant s'ils auront besoin d'aide pour se déplacer le jour du vote (ce qui semble choquer le journaliste du monde) mais aussi de discuter de la politique d'Alain Juppé. Enfin, discuter, disons plutôt, d'éclairer l'électeur, de noter ses remarques, ses critiques, ses propositions. Le coût financier n'est pas connu, du moins pas encore, mais apparemment le staff de campagne se félicite de cette nouvelle façon d'aller parler à l'électeur.

Car les méthodes traditionnelles sont de même assez désuètes : les tracts sur les marchés et le collage d'affiche, ça ne devrait plus exister. D'abord, une partie non négligeable de la population ne va plus au marché le dimanche matin en sortant de la messe rituellement. Il y a des supermarchés maintenant dans ce pays (si si !). Et puis, les tracts et les affiches, ça ne permet pas vraiment de se faire une idée précise de ce que propose le candidat. Ca contribue tout au plus à sa visibilité. Enfin, tout ce papier gâché, à l'heure de l'écologie et du développement durable....

L'initiative d'Alain Juppé est sympa parce qu'elle va plus loin que les forums et autres moyens de communication sur Internet : ça permet d'aller au devant de l'électeur, pas de se contenter de discuter avec ceux qui sont déjà intéressés (ou ceux qui sont suffisamment convaincus qu'ils ne voteront jamais pour vous).

samedi 23 février 2008, 08 h 27

L’affaire des disparus de l’opposition embarrasse Paris


c'est le titre d'un article de libération, lu (le titre) sur Netvibes.

A un moment, j'ai cru qu'il s'agissait de l'opposition française. J'ai eu peur. En fait, il ne s'agit que des Tchadiens, ouf. Notre opposition est donc bien vivante, saine et sauve (enfin je crois).

mercredi 6 février 2008, 21 h 31

what a surprise


Deux informations qui n'ont rien à voir :

1) une colonne de méchants envahisseurs venus du Darfour a pénétré dans Fort Lamy. Ils ont assiégé la présidence. Mais grâce aux gentils blancs, la colonne s'en est retournée de là où elle venait.

2) Le président de Fort Lamy envisage de gracier les condamnés de l'Arche de Noé qui s'étaient échoués.

Rien à voir.

Peut-être que Ryanair va déservir N'Djamena, bientôt ?

Moi aussi je veux ma pub Ryanair


60.000 euros, en référé (c'est-à-dire que ce n'est pas définitif), alloués à Mme Nicolas Sarkozy pour la publicité de Ryanair. Ca me souffle. Que juridiquement, la décision soit imparable, pas de problème. Ryanair n'a pas demandé à Sarkozy et à Sarkozette s'ils étaient d'accord pour figurer sur la photo, ça mérite bien quelques sous. Mais 60.000 euros !!!

Quand je pense qu'aux assises, on alloue péniblement 20.000 euros à une victime de viols multiples, ça me chagrine un peu.

Un dernier mot sur le buzz, qui serait rentré dans la "langue officielle judiciaire". C'est affligeant. La justice, c'est des vrais gens, c'est un monde en prise avec la réalité. Il y a un vocabulaire technique, parce que c'est un métier où on fait des choses précises et qu'un vocabulaire technique est nécessaire pour qu'on se comprenne bien. Mais les juges sont aussi en prise avec la réalité et ils lisent mêmes les journaux (si ! si !) et y a même des avocats qui tiennent des blogs (eh oui, ça existe !). Ce n'est pas parce qu'on dit qu'une voiture est entrée dans une autre, causant ainsi des blessures aux deux conducteurs, que le mot "voiture" rentre dans la "langue officielle judiciaire". La langue officielle judiciaire, c'est le Français. Et si les Français parlent de buzz, on admettra que c'est du français.

60.000 euros, quand même...

samedi 2 février 2008, 16 h 49

Avocats & juges : Sarkozy est votre ami


C'est vrai, il vous roule dans la farine avec sa réforme de la carte judiciaire. C'est certain, il ne fait rien pour l'aide juridictionnelle. C'est vrai, l'idée de la réforme du divorce, c'est un peu lui quand même. Et c'est évident, depuis qu'il est aux manettes, la répression a connu un beau coup d'accélération et tant pis pour les droits de la défense.

Mais quand même. Il a déjà divorcé deux fois et il vient juste de se remarier avec une femme qu'il connaît depuis 3 mois et qui n'a jamais connu une liaison de plus de cinq ans. C'est évident : à la vitesse à laquelle il va, il va divorce une dizaine de fois dans sa vie. C'est dire s'il vous aime, vous, les avocats, vous les juges : il fait tout pour avoir l'occasion de vous voir !

lundi 28 janvier 2008, 13 h 26

L'économie communiste de marché


A lire, dans Le Monde daté de Vendredi, un excellent article d'Alain Supiot, Voilà l'« économie communiste de marché » (accès payant uniquement). Alain Suppiot est professeur de droit du travail. Il évoque deux arrêts récents de la cour de justice des communautés européennes, les arrêts Laval et Viking, qui viennent singulièrement restreindre le droit des organisations syndicales d'un pays A de faire grève pour obtenir le respect par des entreprises étrangères de la législation sociale applicable sur le territoire du pays A. Il s'agit d'une atteinte importante au droit de grève et, partant du rôle des syndicats dans l'économie.

Alain Suppiot décrit alors ce qu'il appelle, à l'instar de dirigeants chinois, une "économie communiste de marché", qui mixte des aspects de l'un et l'autre système :

  • on emprunte au capitalisme : la compétition de tous contre tous, le libre-échange et la maximisation des utilités individuelles ;
  • et au communisme : la « démocratie limitée » (concept venu en fait de Hayek, où la répartition du travail et des richesses seraient soustraites à la décision politique et aux aléas électoraux), l'instrumentalisation du droit, l'obsession de la quantification et la déconnection totale du sort des dirigeants et des dirigés.

Conclusion : "Une nouvelle nomenklatura, qui doit une bonne part de sa fortune soudaine à la privatisation des biens publics, use ainsi de la libéralisation des marchés pour s'exonérer du financement des systèmes de solidarité nationaux." "Leur ligne de conduite a été exprimée il y a peu avec beaucoup de franchise et de clarté par l'un d'entre eux il s'agit de Denis Kessler : il faut « défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance ».

Camarades, la nouvelle révolution capitaliste est en marche ! Vivent les lendemains qui chantent !

(c'était un billet sponsorisé par la SoGé).

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